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Au détour de Monique Wittig

« Ni la Pensée de l’Autre ni la pensée de la Différence ne devraient être possible pour nous, parce que rien de ce qui est humain est étranger. »

Au détour de monique Wittig

« Ce que je dis c’est que le choc des mots en littérature ne provient pas des idées qu’ils sont censés exprimer, puisqu’un écrivain a d’abord affaire à un corps solide qui doit être manipulé d’une manière ou d’une autre. Et pour en revenir à notre cheval*, si on veut bâtir une parfaite machine de guerre, on doit se garder de l’illusion que les faits, les actions, les idées peuvent dicter leur forme directement aux mots. Il faut en passer par un détour, et le choc des mots est produit par leur association, leur disposition, leur arrangement, aussi bien que par chacun d’eux dans son utilisation isolée.
Le détour est le travail, il consiste à travailler les mots comme dans n’importe quel travail où on transforme un matériau en autre chose, en un produit. Il n’y a pas moyen de se passer de ce détour car c’est dans ce détour que tient toute la littérature. »

Monique Wittig, Le chantier littéraire

*Le Cheval de Troie est une figure clé de l’œuvre de la romancière et théoricienne, Monique Wittig. Écrite et publiée des années 1960 jusqu’aux premières années du XXIe siècle, aussi bien en français qu’en anglais, à partir de son installation aux États-Unis en 1976, elle a immédiatement été traduite dans de nombreuses langues.
Alsacienne d’origine, française, Monique Wittig a poursuivi sa carrière aux États-Unis.

Féministe, lesbienne, elle refuse l’inscription à demeure dans toute catégorie, classe, genre.

Son engagement dans les mouvements de femmes fonde, à partir de 1968, de nouveaux modes de militantisme ; sa théorisation du lesbianisme politique va irriguer les mouvements queer, et les mouvements actuels de la « 3e vague ».

Lire Monique Wittig aujourd’hui, c’est retourner à la source pour mieux aller de l’avant.

Monter avec elle dans le Cheval de Troie c’est répondre à l’invitation de ce « détour par la littérature », et pour (la bonne) cause : avec elle s’élabore, dans l’écriture et la lecture, un travail sur le langage revisité comme endroit où une pensée et une politique peuvent « avoir lieu », des pratiques susceptibles d’être réappropriées se former.

Décidément, Monique Wittig nous devance, en paroles et en actes – encore aujourd’hui.

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